Un petit apercu du travail effectué avec passion pour redonner une nouvelle jeunesse à ce garde temps.
C'est une plongeuse de haut vol qui est ici présentée, puisqu'elle fait partie du cercle très fermé des garde temps capables de résister à 1000m de fond. Biensur, elle n'est pas en grande forme mais je vais tâcher de la remettre à neuf.
Le modèle de plongeuse type Caribbean est un label connu et a été distribué sous plusieurs marques, dont Edma. Les caribbean les plus courantes sont signées de la marque Jenny, Philip Watch ou encore Precision. La montre présentée ci-dessous n'est pas signée du label Caribbean mais on la reconnait au premier coup d'oeil : son boîtier monobloc et sa lunette tourante qui sont typiques, sa couronne de remontoir et son verre avec son montage spécifique au modèle caribbean.
Quelques clichés avant d'y toucher :
Comme on peut le voir sur les photos précédentes, le boîtier est particulièrement abimé, la couronne est manquante, le tube à changer, le verre très endomagé, le cadran présente quelques index effacés.
Attaquons le démontage de la bête et otons tout d'abord la lunette tourante...
... puis le verre qui est maintenu par une bague filetée jouant le rôle d'écrou...
... on sort alors le mouvement...
... puis on dépose les aiguilles, observez la protection utilisée pour ne pas faire de marque sur le cadran.
Travaillons maintenant sur le mouvement pour démarrer le nettoyage. On commence par enlever la partie remontage automatique :
Puis on retourne le mouvement et on dépose la partie dateur :
Ensuite vient le nettoyage et le huilage du mouvement qui ne sera pas détaillé ici car la prise de photos à chaque étape quadruple le temps d'execution de la révision. Une fois le mouvement propre et doté d'huile neuve, on régle l'avance au banc électronique :
Une fois le bon réglage trouvé - privilégiant une légère avance - on remonte le dateur :
Passons à une autre étape de la restauration : le remise en état des aiguilles dont la peinture blanche était écaillée. Une finition brossée sera alors choisie car particulièrement adaptée pour une tool watch comme celle là.
Une autre étape intéressante et inédite arrive : celle de la restauration du cadran. En effet, c'est une première pour moi de repeindre un cadran. Seuls les index seront refaits car la plupart ne présentent plus de substance luminescente.
Cette opération peut paraitre délicate - elle l'est - mais ce n'est que de la peinture finalement. Avec un peu de patience et de relaxation, il est faisable de repeindre l'intérieur des indexs :
Les index ronds sont alors tous remplis :
Tout s'est bien passé !
Passons maintenant aux index situés à 3, 6, 9 et 12 heures.
Pour ceux-ci, il n'est pas possible de peindre correctement car la zone à peindre est encaissée.
Il convient de déborder délibérément et de frotter l'excédent par la suite.
On remonte alors le cadran sur le mouvement et on remet les aiguilles :
Ne reste plus qu'à s'attaquer à l'emboitage. Le boîtier a été repoli par mes soins avec une finition alternant le poli mirroir et le brossé. Le tube est prêt à être posé :
Je remonte alors la partie remontage automatique du mouvement :
Pose du joint de verre :
Le mouvement est prêt à être emboité. C'est une opération délicate qui m'a pris pas loin de 30 minutes car la tige du remontoir est en deux parties - boîtier monobloc oblige.
Une fois le mouvement emboité, vient la pose du verre spécifique, très épais et très bombé. Il convient de visser la bague dont le serrage assure l'étanchéité entre le verre et le boîtier.
Ci dessous le brevet - déposé sous la marque Jenny - de ce montage spécifique :
Dernière ligne droite avec la pose de la lunette tournante :
Quelques explications sur l'utilisation de la lunette tournante avec les brevets d'époque :
Quelques essais de bracelets avec un tropic à anses incurvé 19 mm, puis un Nato bleu qui sera finalement retenu.
Quelques photos en studio :